France 2 revenait ce samedi sur la baisse de la TVA dans la restauration dans son émission « Envoyé Spécial – la suite » (voir le lien pour revoir le reportage en bas de l’article).
Après 3 ans, le constat paraît assez accablant et désignerait comme seuls gagnants les restaurateurs et leurs marges.

En effet d’après l’enquête, les prix des plats et des boissons n’ont pas vraiment baissé et les embauches n’ont pas été aussi massives qu’escomptées.
Seules les marges se sont donc trouvées améliorées (avec une ampleur à nuancer compte-tenu des hausses des matières premières et des sommes parfois réinvesties dans les restaurants eux-mêmes).
Paradoxalement, ce sont mêmes parfois les plus gros intervenants (y compris des chaînes comme McDonald’s) qui ont le plus profité de cette baisse.

Mais au final, la lecture est-elle aussi simple ?
Les restaurateurs sont-ils si gagnants que cela ?
Certains n’ont-ils pas tort de se réjouir trop vite ?

En effet, à force de maintenir des prix élevés (et ce pour une qualité malheureusement pas toujours en rapport) dans un contexte économique se dégradant, les français commencent à arbitrer dans leurs dépenses.
Et ces choix se font nettement en défaveur de la restauration hors domicile
.
L’étude de Gira Conseil citée par LSA en juin 2012 montre une baisse substantielle du chiffre d’affaires de la RHD (de -5% à -8% suivant les segments), essentiellement expliquée par la baisse de la fréquentation. Elle est plus importante pour le service à table (les prix les plus élevés) que pour la vente au comptoir.

Mais alors, qui gagne ?

Et bien ceux qui permettent aux français de faire des économies en recevant chez eux ou en se faisant plaisir à deux, tout en ayant une expérience similaire au hors-domicile, que ce soit pour le contenu de l’assiette ou les boissons.

Le SIAL sera l’occasion de revenir sur cette tendance avec les produits alimentaires qui permettent de cuisiner facilement. On connait également l’explosion des ventes des livres de cuisine, un des rares secteurs de l’édition qui se porte bien.

Je voulais aujourd’hui mettre l’accent sur les innovations en petit électroménager.

Les appareils permettant d’accéder à la maison à une qualité et à une expérience proches du hors-domicile sont de plus en plus nombreux et leurs ventes sont dynamiques.

Citons par exemple les machines à café à dosettes et à pression qui permettent de se préparer un expresso comme au comptoir ou les machines à bière à pression (avec le bonus de la convivialité, voire de l’entertainment en recréant le geste). Dans les deux cas, c’est bien la promesse d’une qualité équivalente à l’expérience du bistro, mais chez soi.

Le Cook’ Party de Tefal : la raclette réinventée avec une touche d’exotisme

Pour préparer le repas, les ventes des robots culinaires sont quant à eux en forte hausse (+5,5% en 2011, source GIFAM), en particulier les « kitchen machines ».

Évidemment, les fameux appareils à raclette, à fondue ou à pierrade existent depuis longtemps. D’autres tentent de surfer sur des tendances qui sont nées en RHD : comme les planchas par exemple.

Dans les innovations récentes pour recevoir, voici le « Cook’ Party » de Tefal, un appareil convivial (vendu tout de même près de 100 euros), qui réinvente la raclette en surfant sur l’envie d’exotisme et d’équilibre nutritionnel.

Appareil à raclette et bruschetta Tefal « Toi & Moi »

Au-delà de ces appareils conviviaux mais difficile à utiliser au quotidien, voici qu’apparaissent toute une gamme de déclinaisons pour le couple.

C’est la gamme « Toi & Moi » de Tefal.
Une collection intégrant une plancha, une raclette, une fondue et un wok à un prix unique de moins de 60 €.
Voici de quoi éviter encore le restaurant pour une soirée à deux qui veut tout de même sortir de l’ordinaire.

On pourrait multiplier les exemples et nul doute que la tendance va se poursuivre.
Ce n’est pas une bonne nouvelle selon moi pour la fréquentation des restaurants.

J’en retiens deux points-clés, utilisables dans bien d’autres situations :

  1. Il n’est jamais inutile de regarder un peu au-delà des frontières de son marché et de se dire comment on pourrait s’inspirer de sa concurrence indirecte ou au contraire quels impacts ses propres décisions vont avoir sur celle-ci.
    Ici, les restaurateurs ont tout simplement oublié que leur concurrent principal n’est pas le restaurant de l’autre côté de la rue mais le repas à domicile. Ils ont sans cesse à se battre pour proposer une expérience qui vaille le coup de sortir de chez soi et de dépenser plus.
  2. Étudier les variations des comportements des consommateurs est une source inépuisable d’idées d’innovations.
    Ces exemples tirés de l’électroménager le montrent bien. La présence dans le groupe SEB d’un anthropologue, Olivier Wathelet, est certainement un facteur fort dans cette capacité d’innovation.
close

Ne manquez pas mes posts !

Je ne vous spammerai pas ! Consultez la politique de confidentialité pour plus d’informations.